ERDF: provisions introuvables et finances obscures

ERDF EDF

J’en ai parlé pour la dernière fois le 29 octobre ici.

Mais aussi:

le 17 mai 2010, à propos de la question posée en AG.
le 19 mai 2010, à propos de l’AG cloturant l’exercice 2009.
le 2 août 2010, à propos des résultats du 1er semestre 2010.
le 3 août 2010, à propos de la réponse envoyée par le service relations actionnaires.

Je suis en effet aussi actionnaire d’EDF et, à ce titre, j’avais questionné le président du conseil d’administration à l’assemblée générale des actionnaires.

Les provisions accumulées par ERDF pour remettre en état les réseaux de distribution électrique qui lui sont concédés dans toute la France (1033 concessions) atteignent 11,2 milliards d’euros. C’est dans le bilan du 31 décembre 2009.

Au titre de Mennecy, et selon le président lui-même – il l’a expliqué devant l’assemblée général, ces provisions s’élèvent à 5.579.000 €. Il l’a expliqué en citant la page 43 du rapport annuel, rapport pas encore arrivé jusqu’à Mennecy le jour de l’AG d’EDF. On peut donc se demander comment EDF peut cloturer un exercice en consolidant des rapports financiers pas approuvés par les autorités concédentes…

C’est beaucoup d’argent, de l’argent qui ne peut être employé qu’à l’entretien du réseau de distrbution électrique qui est la propriété de la commune. Ce réseau est concédé à ERDF, mais il appartient à la ville. Arrivé à expiration, le contrat de concession impose une restitution dans l’état d’origine, ou la restitution des provisions destinées à financer cette remise en état.

Le SIARCE, qui exerce la compétence distribution d’électricité à Mennecy depuis le 1er janvier 2009 a bien sûr obtenu de la part de ERDF le rapport que j’ai décortiqué le 29 octobre. Ce rapport a été analysé. Le résultat de cette analyse est expliqué dans le compte rendu du comité syndical du 23 juin 2010.

C’est un gros morceau, 256 pages, et le point concernant l’électricité commence à la page 60.

Dès la première page, on y trouve une information importante que ERDF a été incapable d’apporter dans on rapport: le périmètre du territoire objet du rapport de ERDF. Il s’agit des communes de:

  • Ballancourt sur Essonne

  • Itteville

  • Saint Germain des Corbeil

  • Saintry sur Seine

  • Vert le Petit

  • Corbeil Essonnes

  • Mennecy

ERDF agglomère ces communes dans une concession unique, c’est une erreur. Les concessions sont démarrées à des dates différentes, avec des réseaux dans des états différents, l’accumulation des provisions ou la réalisation de programmes de rénovation sont individuelles à chaque commune. Rappelons que même si la compétence est transférée à un syndicat intercommunal, la propriété du réseau reste à la commune qui doit disposer d’un état de son patrimoine dans le rapport annuel du concessionnaire.

La concession de Mennecy a démarré en 1994, pour 30 ans. Celle qu’ERDF montre maintenant pour le SIARCE, a démarré en 1996, pour 30 ans aussi. Il n’y a pas eu d’avenant, il n’y a pas un seul mot d’explication sur le rapport annuel d’ERDF sur l’impact financier des changements de durée, sur les reprises de provisions, l’intégration d’un nouveau patrimoine partiellement amorti dans un patrimoine déjà amorti, mais autrement.

Les « recettes d’acheminement », la part de nos factures d’électricité qui reste chez ERDF pour assurer le fonctionnement et l’entretien du réseau électrique, totalise 13,6 millions d’euros, pour 39.167 clients, soit une moyenne de 347 € par client en 2009.

ERDF a facturé 347€ par foyer en 2009

Alors que l’émotion soulevée par le passage à la REOMi est intense, avec des montants prévisibles de l’ordre de 400 à 500€ en 2011 pour une maison occupée par 4 à 5 personnes, il faut s’alarmer aussi à propos de ce montant, du même ordre de grandeur.

Il ne s’agit en effet pas encore du prix de l’électricité consommée, ni même du CSPE dont j’ai déjà parlé, c’est seulement le TURPE, le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité.

Avec cet argent, on paye les techniciens qui viennent faire un raccordement, réparer un branchement, relever les compteurs. On paye aussi, en théorie l’entretien du réseau. La commune, propriétaire du réseau (tout ce qui fonctionne à 63.000V et moins), confie le réseau à un tiers qui s’engage à le faire fonctionner selon un cahier des charges. En échange, le tiers (le concessionnaire ERDF) facture lui-même les clients, à la place de la commune.

La rénovation du réseau, si elle n’est pas faite, doit être remplacée par l’accumulation d’une provision financière qui pourra payer cette rénovation dans l’avenir, ou qui sera transférée au concessionnaire suivant si le contrat de concession expire entretemps.

La « concession du SIARCE », les 7 communes objet de ce rapport, ont un réseau vieilissant. 40% des ouvrages ont plus de 30 ans. En 2009, seulement 0,58% du linéaire de réseau a été renouvelé. En estimant que le réseau a une durée de vie de 50 ans, il faut soutenir un rythme annuel de 2 % ou accumuler des provisions.

Or il y a trop peu de renouvelement et trop peu d’accumulation de provisions. Où passent les 347 € annuels de chaque foyer?

ERDF annonce le versement d’une provision de renouvelement de 685.000€ pour 2009. C’est terriblement trop peu, c’est aussi beaucoup moins que semble l’indiquer le président d’EDF.

Ce réseau a été payé 43,591 millions d’euros au fil du temps. S’il fallait le reconstruire à partir de rien à l’identique, il faudrait payer aujourd’hui 65,187 millions d’euros. Sa valeur nette comptable, donc le réseau existant à sa valeur actuelle en tenant compte de son vieillissement est 24,456 millions d’euros. Et il y aurait 13,133 millions d’euros de provisions.

Ca ne va ensemble, les provisions ne permettent pas de « remonter » le réseau à son état initial.

Le SIARCE s’en alarme d’ailleurs, page 74:

Le rapport ne détaille pas :

  • la répartition par type d’ouvrage de ces indicateurs,

  • les flux des provisions pour renouvellement par ouvrage,

  • les flux des ouvrages mis et sortis de l’inventaire,

…. 

Le SIARCE a demandé à ERDF de lui préciser sa politique en matière de renouvellement sur le territoire de la concession.

Le SIARCE relève aussi des faiblesses dans le rapport financier, page 73:

  • Les charges imputées le sont également le plus souvent au prorata du nombre de clients ou du nombre de kWh facturés. Seules les redevances de concession, les dotations aux amortissements et aux provisions sont des charges spécifiques au contrat.

Eh oui, malgré sa science, ERDF ne détaille pas commune par commune les amortissements et les provisions. Et c’est impossible de ne pas le faire. Sinon, comment une commune comme Mennecy qui, le 1er janvier 2009, passe du SIERME au SIARCE pourrait voir le volet financier de sa concession la suivre. En clair, est-que les provisions faites par ERDF avant le 1er janvier 2009 sont maintenant affectées au territoire sous la compétence du SIARCE, ou bien est-ce que ces provisions sont restées affectées au territoire sous la compétence du SIERME? 

 

 

 

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Jeudi après midi, dans la banlieue de Mennecy…

La sonde spatiale de la NASA, Epoxi, a croisé la comète Hartley. La comète croisait à 37 km/s et à 37 millions de km de la terre, la sonde l’a survolée à une distance de 700km et à une vitesse de 8km/s. Dans sa plus grande longueur, le noyau de la comète mesure 2200m.

Comète

Comète

Heureusement que les gendarmes de Mennecy restaient dans leur brigade!
Hergé l’avait déjà imaginé:

Adonis

Et le voyage continue

Vers l'infini et au delà!

La 1ère fois, c’était le 11 juillet.

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Transports scolaires: Mennecy s’oppose à la région IdF

J’en ai déjà parlé:

le 2 novembre, à propos de la motion adoptée par la CCVE,
le 30 octobre, à propos de la motion du conseiller général Nicolas Schoettl,
le 13 octobre, à propos de la mobilisation lancée par la CCVE,
le 7 octobre, à propos de la motion du pays de Limours.

Eh bien, hier soir, c’est la ville de Mennecy qui a adopté une motion qui, en substance, exprime la même opposition à cette réorganisation des transports scolaires décidée par la région Ile de France.

Cette réorganisation poussera tous les élèves habitant à moins de 3km de l’établissement scolaire qu’ils fréquentent à ne pas disposer de transports scolaires, à partir du 1er septembre 2011.

Motion page 1

motion page 2

motion page 3

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Le coût d’un député

AN 

J’ai vu hier sur NetEssonne un lien vers le blog de FO Carrefour Etampes:

Ça va bien pour nos députés ! Faire suivre

Je fais suivre.

Mais cette présentation très polémique m’interpelle. Alors allons voir au moins à l’Assemblée Nationale « combien ça coûte ».
Dans le chapitre « Connaîssance de l’Assemblée Nationale », on trouve un lien vers « Le budget de l’Assemblée Nationale« .
On y trouve les points clés, dès la première ligne:

Les règles applicables reposent sur un principe de base, l’autonomie financière de chacune des assemblées parlementaires, qui lui-même procède du principe plus général de séparation des pouvoirs.

L’Assemblée nationale et le Sénat préparent séparément leur projet de budget annuel sous l’autorité de leurs questeurs. Puis une commission commune, composée des questeurs des deux assemblées (six au total) et présidée par un membre de la Cour des comptes, lui-même assisté de deux magistrats de la Cour ayant voix consultative, arrête le montant des crédits nécessaires au fonctionnement de chaque assemblée tel qu’il sera inscrit au projet de loi de finances. Un rapport explicatif établi par la commission commune est annexé au projet de loi.

Les assemblées gèrent ensuite leur budget comme elles l’entendent. Les règles de la comptabilité publique ne sont pas applicables ; celles qui ont été fixées par le Bureau de l’Assemblée nationale s’en inspirent cependant très largement.

Le contrôle de l’exécution du budget relève dans chaque assemblée d’une commission interne, composée à l’Assemblée nationale de quinze députés désignés à la représentation proportionnelle des groupes politiques. Elle établit chaque année un rapport qui est rendu public et auquel est annexé le rapport de certification des comptes de l’Assemblée établi de manière indépendante par une entité qui lui est extérieure.

L’Assemblée Nationale est donc autonome, au nom du principe de séparation des pouvoirs. Ce sont les députés qui décident seuls de leur budget. Les électeurs ont indirectement provoqué cette décision en choisissant leurs députés. S’il faut remettre en question le budget de l’Assemblée Nationale, alors c’est au moment des élections législatives qu’il faut en débattre.

Un peu plus loin sur le même site, on trouve les rapports sur l’exécution des budgets passés:
http://www.assemblee-nationale.fr/budget/budget-assemblee-nationale.asp

Là, on peut regretter que cela s’arrête à 2006 alors que nous terminons l’année 2010. Disposer des rapports 2007 à 2009 aurait été préférable. Ce n’est pas faute de disposer d’une administration, au moins 30% du budget de l’AN, ni de cadres performants (puisque les meilleurs salaires des fonctionnaires de l’AN dépassent les 200 K€/an). On peut se demander d’ailleurs comment un budget 2011 peut être élaboré sans avoir cloturer les comptes de 2007 à 2009! Bref, passons sur cette faiblesse, que FO ne relève pas d’ailleurs.

Au bas de cette page, il y a les Les moyens de travail du député et l’indemnité parlementaire
Car si la présentation faite par FO mélange les indemnités et les moyens mis à disposition du député pour en faire quelque chose qui serait assimilé à un salaire, pour arriver à un montant présenté implicitement comme démesuré par rapport aux salaires ordinaires, on y voit que c’est bien différent.

Alors, vu autrement, l’Assemblée Nationale c’est, en extrapolant à partir de 2006, à peu près 1 million d’euro par député et par an, tout compris (indemnités, moyens, administration, entretien des bâtiments, fonctionnement du site Internet, communication, téléphone, retraites des députés, retraite du personnel, …). Il y a 577 députés et on arrive à une belle somme.
Il y a 65 millions de français. L’Assemblée Nationale coûte donc moins de 9 euros par an et par français. C’est très modeste.

Qu’avons nous pour ce prix? Encore une fois, le site de l’Assemblée Nationale livre quelques statistiques:

Chaque année, ce sont ainsi en moyenne une centaine de lois qui sont adoptées, plus de 1000 heures de débats qui ont lieu dans l’hémicycle, entre 20 000 et 25 000 questions qui sont posées au Gouvernement par écrit ou par oral, plus de 300 rapports qui sont adoptés par les commissions sur les sujets les plus divers.

Pour 9 euros, je trouve que ça les vaut!

Beaucoup de pays aimeraient d’ailleurs pouvoir dépenser ces 9 euros dans une institution comparable. Beaucoup de nos anciens se sont battus pour que cette institution existe et fonctionne, alors respectons là.

Enfin, à propos des moyens qui semblent démesurés, même s’ils ne constituent qu’une part faible des 9 euros/français, je pense qu’il est préférable de donner aux députés les moyens d’exercer leurs mandats sans entraves matérielles, au nom de l’intérêt général.
Et si les indemnités paraissent si élevées, sans même parler de l’énormité de la charge de travail qui est associée à l’importance du mandat, c’est d’une part une façon de motiver les vocations et d’autre part une garantie que le député n’aura pas à trouver de  par lui-même les moyens de vivre, en s’exposant à des conflits d’intérêt. Nous apprécions tous d’avoir confiance dans les parlementaires, et cela a un prix.

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Activité des députés: un député se fache

Assemblée Nationale

J’en avais déjà parlé le 25 mai dans ce blog à propos des députés de l’Essonne. Mais il s’agit ici d’un exemple de pratiques indésirables mises en lumière par un député. Un député « de base » comme il le dit lui-même, et qui se fache contre ce qui semble être une pratique institutionnelle des députés « pas de base ».

En l’espèce, il s’agit d’un député du Rhône, M.Christophe Guilloteau qui, dans un incident de séance, a protesté contre Laurent Fabius. Celui-ci avait en effet « séché » la commission de défense. Mais, pour éviter la pénalité financière sur ses indemnités, il s’était fait porter le bordereau d’émargement dans le couloir par un huissier pour être enregistré comme présent.

Au delà de la présence attestée par une signature sur un bordereau, il y a une vérité, une cruelle vérité, traduite par les compte-rendus livrés au public par l’assemblée nationale.

La liste des interventions en commission de  M. Christophe Guilloteau d’une part, comparée à celle de M. Laurent Fabius d’autre part, illustre combien la contribution du « député de base » a plus de valeur que celle du tribun politique régulièrement posté sur des tribunes devant les caméras, mais terriblement absent quand il s’agit de produire le travail attendu par les électeurs.

En résumé, M. Laurent Fabius s’est investi seulement 4 fois en 18 mois dans les réunions des commissions de l’Assemblée Nationale.

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