PPRI de la rivière Essonne

SIARCEOn en a parlé le 8 avril 2010 en comité syndical au SIARCE. C’est ici.

Le SIARCE a d’ailleurs créé un document expliquant la nature du risque inondation, quels sont les aléas à considérer, les zones exposées, les méthodes et postures pour diminuer l’exposition à ces aléas. C’est un volet du Plan d’Action de Prévention des Inondations, le PAPI.

Le Plan de Prévention des Risques d’Inondation est prescrit par le préfet, représentant de l’Etat. L’arrêté préfectoral date du 10 avril, 2 jours après cette réunion du comité syndical du SIARCE. Selon l’arrêté, les documents, y compris ceux au format numérique, sont à disposition de la population à la DDEA de la préfecture et dans les mairies. Je vous laisse vérifier…

Cet arrêté, à propos de Mennecy est discutable. Il prescrit en effet un PPRI, article 1, mais pour le risque de débordement de la rivière seulement, article 3. Or le seul risque administrativement avéré à Mennecy est celui de l’inondation par ruissellement et coulées de boue.

Ainsi, sur , la liste des arrêtés de catastrophe naturelle trouvés sur prim.net:

Type de catastrophe                           Début le           Fin le           Arrêté du       Sur le JO du
Inondations et coulées de boue            08/12/1982      31/12/1982      11/01/1983      13/01/1983
Inondations et coulées de boue            09/04/1983      18/04/1983      21/06/1983      24/06/1983
Inondations et coulées de boue            16/08/1983      16/08/1983      15/11/1983      18/11/1983
Inondations et coulées de boue            06/06/1993      07/06/1993      28/09/1993      10/10/1993
Inondations et coulées de boue            24/07/1994      24/07/1994      28/10/1994      20/11/1994
Inondations et coulées de boue            21/08/1996      21/08/1996      09/12/1996      20/12/1996
Inondations et coulées de boue            25/12/1999      29/12/1999      29/12/1999      30/12/1999

Nous avons eu 7 inondations à Mennecy depuis 1982, aucune par débordement de l’Essonne, toutes par ruissellement. Le PPRI va s’interesser au débordement et pas au ruissellement! Nous avons donc à suivre les prescriptions d’un arrêté préfectoral qui prescrit un travail inutile et qui prescrit de ne pas s’interesser à ce qui serait utile. Je parlais hier de l’inefficacité de la préfecture de l’Essonne, c’est une traduction de cette inefficacité.

C’est même assez malhonnête. Dans la mesure où le risque d’inondation par ruissellement est administrativement déclaré inexistant, on comprend que la DUP de la déviation du PN 19, un barrage de 900m de longueur en travers des écoulements d’eau à Mennecy, décrète qu’il n’y a rien à étudier. Il y a là une logique administrative implacable. Mais c’est une logique malhonnête, l’eau coule même si le préfet le nie, et les arrêtés pris entre 1982 et 1999 le démontrent.

Le PPRI en cours d’élaboration confronte donc une carte de l’aléa « débordement de la rivière » à un territoire urbanisé exposé à cet aléa. Ces cartes existent, le compte rendu du comité syndical du SIARCE du 8 avril 2009 le démontre, mais le préfet est ses services ne font rien.

Pour Mennecy, voici l’aléa:

Aléa débordement de l'Essonne

Et voici l’exposition:

Exposition inondation Mennecy

Au delà de la discussion sur la pertinence du risque à prescrire, il faut aussi contester la méthode suivie par l’Etat. Les cartes existaient 2 jours avant l’arrêté prescrivant l’élaboration du PPRI. L’étape suivante, la concertation et essentiellement l’enquête publique, pouvait être menée sans délai.

Il n’en est rien, certains privilégiés disposent de ces cartes. Ils peuvent anticiper les prescriptions d’urbanisme qui en seront déduites et faire leurs arbitrages enutilisant des informations que beaucoup n’ont pas. Même si les enjeux à Mennecy ne concernent que des zones inconstructibles car déjà classées en zones natuelles et en espaces naturels sensibles, il n’en va pas de même dans de nombreuses autres communes. Les services de l’Etat créent ici les conditions pour frauder.

J’en ai parlé hier à propos de l’analyse de la performance des préfectures et d’une observation générale formulée par le rapporteur de la commission des finances: ce n’est pas seulement le manque de moyens qui peut expliquer la faiblesse d’une préfecture, mais aussi le manque de motivation des agents et la faiblesse de lengagement de leur hiérarchie.
C’est particulièrement vrai ici, et c’est dommage, dans un pays où il y a 4 millions d’inscrits à Pôle Emploi, de voir toute une population être contrainte de subir cette faiblesse.

Publié dans Environnement, Essonne, Etat-Préfecture, Mennecy, Risque | Laisser un commentaire

Performance des préfectures: l’Essonne est accablée

 Etat dans 'Essonne

Dans le travail de préparation du budget 2011, la commission des finances de l’assemblée nationale dresse un rapport de l’administration territoriale de l’Etat. Ce rapport a été enregistré le 14 octobre 2010. Il a été supervisé par le député Marc Le Fur.

On y trouve une analyse synthétique sur l’administration territoriale de l’Etat, ses missions, ses moyens, les réformes entreprises, qu’elles soient achevées ou en cours.

Il y a quelques morceaux de bravoure. Par exemple, le rapporteur note avec satisfaction que les préfectures sont maintenant dispensées de recenser les pigeons voyageurs. Il a fallu passer par une réforme de l’Etat pour y arriver. Ou encore: les chiens dangereux doivent être déclarés aux préfectures, mais par leurs morts. Les fichiers, en enregistrant des animaux qui n’existent plus, sont devenus rapidement sans utilité, même si les déclarations sont toujours obligatoires.

Plus sérieusement, on note avec satifaction que le travail de réforme produit de l’effet, avec une concentration de l’administration dans les préfectures, en déchargeant les sous-préfectures. Les nouveaux outils apportés par l’informatique, les télécommunications et la dématérialisation le permettent, même si les bogues et les déploiements d’outils pas achevés sont nombreux.

Il faut souligner l’allègement du « contrôle de légalité » des collectivités locales et l’utilisation systématique du recours gracieux qui fluidifient considérablement le travail des administrations locales, celles qui ont un effet perceptible par le citoyen-contribuable-électeur.

Beau joueur, avant de mesurer la performance des préfectures, Monsieur Le Fur présente avant tout les disparités entre les préfectures. Il y a 101 préfectures et représentations de l’Etat analysées. Rapportés à la taille de la population qu’elles administrent, les moyens dont elles disposent sont très différents. En 2010, il y a 29.029 agents dans les préfectures et leurs services, pour 65.778.489 habitants en France, soit 4,41 agents pour 10.000 habitants.

Sur la carte ci-dessous (page 24 du rapport), les zones en rouge sont « sur-administrées » – elles coûtent trop cher – et les zones en vert sont « sous-administrées » – elles sont sous la moyenne de 4,41/10.000.

Densité des préfectures

En excluant des territoires spécifiques (par exemple Saint Pierre et Miquelon), le département le plus administré est la Lozère, avec un ratio de 14,27 et 115 agents. Le département le moins administré serait … Paris avec un ratio de 2,06 et 457 agents. L’Essonne est à 3,70 et 450 agents.

Ces chiffres sont étonnants. Il y aurait ainsi la même organisation pour administrer les 80.995 habitants de la Lozère, les 2.215.197 habitants de Paris, les 1.217.716 habitants de l’Essonne et les 6.318 habitants de Saint Pierre et Miquelon. Je pense qu’il reste encore beaucoup à réformer, en particulier à propos du découpage du territoire. Les périmètres des préfectures ne correspondent plus aux volumes de services à produire pour les populations et les territoires administrés.

C’est particulièrement vrai pour la Lozère, où le maintien d’une administration est un mystère couteux, mais aussi en comparant Paris et l’Essonne qui, en disposant d’administrations de même importances, ont des populations très différentes.

Le rapport de Monsieur Le Fur continue avec l’analyse de la qualité des services produits par les préfectures. Il classe toutes les préfectures. C’est volumineux, je vous en fait grâce ici en passant tout de suite à la synthèse, affichée à la dernière page du rapport:

Classement des préfectures

L’Essonne est classée 99ème sur 101!

C’est assez sévère pour un gros département, c’est à dire une population importante, un territoire aux enjeux nombreux et élevés, élément de la « région capitale ».

Ainsi, page 41 du rapport, à propos des délais de délivrance des titres:

Ces résultats qui ne sont pas corrélés avec les effectifs dont disposent les préfets font la démonstration qu’au-delà des moyens, l’efficacité est aussi fonction de la qualité de l’organisation, du degré de motivation des agents et de l’engagement des supérieurs hiérarchiques.

Nous parlons ici d’une préfecture dirigée par un préfet qui se permet d’aller expliquer aux élus locaux qu’ils sont mauvais et qu’ils ne travaillent pas dans l’intérêt général (séance publique du Conseil Général de l’Essonne). L’analyse objective des résultats de la préfecture de l’Essonne démontre qu’il aurait mieux valu que le préfet demande aux élus locaux comment remonter dans l’estime des députés. 

A propos du délai d’instruction des installations classées, page 47 du rapport:

Il est temps que l’administration se mette à la vitesse de l’entreprise : le temps qui pourrait être gagné sur l’instruction des dossiers permettrait aux chantiers de démarrer plus rapidement, ce qui génèrerait plus vite des emplois.

On touche ici aux malaises créés par des affaires telles que SFDM, les couloirs aériens et même la suppression du PN 19 à Mennecy. Les enquêtes publiques sont baclées, elles ne rassemblent pas les bonnes informations, elles n’arrivent pas à produire des documents cohérents et, pour arriver à tenir un délai qui deviendrait ahurissant s’il était encore allongé, l’administration territoriale de l’Etat « sort » avec brutalité et un manque total de respect pour la population et ses élus une enquête publique dont les conclusions, précisément par manque de délai, sont « téléphonées » à l’avance.Le rapporteur note avec justesse que la motivation des services et l’engagement de la hiérarchie font défaut, ce n’est pas seulement une question de moyens.

Pour mémoire, j’avais déjà parlé de la REATE en Essonne, le 20 août et du rapport 2009 de l’action de l’Etat en Essonne, le 15 septembre. En quelques mots, le préfet est content de lui. Il n’a pas du tout la même impression que le député.

Publié dans Essonne, Etat-Préfecture, Mennecy, Risque, SFDM | Un commentaire

Insolite

C’est un avion de brousse

Avion de brousse

Publié dans Insolite | Laisser un commentaire

11 novembre 1918 à Strasbourg

Déjà une caméra…

Mes grands parents devenaient français, avant de redevenir allemands une vingtaine d’années plus tard, voire même « malgré nous » …

Ils ne sont plus là, mais le souvenir reste, il doit rester.

Publié dans autres | Laisser un commentaire

Manifestation contre les couloirs aériens

Samedi 13 novembre à Saint Jean De Beauregard à 15h00

Manif 

Franck Marlin, notre député, en parle sur son site Internet.

Même si Mennecy semble peu impactée, le territoire de la CCVE est très concerné. Aujourd’hui, « la radiale 274 de Melun » passe juste au sud des maisons Levitt, au dessus de Champcueil et Chevannes. Plus loin, La Ferté Alais, Baulne et Cerny en profitent à plein.

La nouvelle organisation repoussera cette axe de circulation un peu plus au sud, c’est à priori positif pour nous, moins pour La Ferté Alais et Cerny. Mais il faut voir un peu plus loin.

La fermeture de la base de Brétigny, même avérée depuis des années, va provoquer la libération de zones réservées jusqu’à maintenant au trafic militaire de Brétigny. Cette réorganisation n’est pas encore faite, mais elle est inévitable.

Cet espace réservé aux militaires protège Mennecy et le nord de la CCVE des survols par du trafic aérien venant de l’Est et du sud-ouest pour se poser à Orly par vent d’ouest. Cette protection disparaîtra, c’est certain. Il faut être attentif. 

Mise à jour du 14 novembre:

250 personnes réunies malgré la pluie et le vent, il y avait une trentaine d’écharpes, toutes affinités politiques confondues, pour protester contre l’arrogance de l’Etat et ses services, contre l’absurdité de cette réorganisation.

Ici Franck Marlin, député de la 2ème circonscription de l’Essonne, exprime son opposition à ce projet.

Manifestation couloirs aériens 13 novembre 2010

manif

Publié dans CCVE, Environnement, Mennecy, Réseaux, Transports | 2 commentaires