Je suis vraiment surpris par la mauvaise qualité de l’information que je peux trouver, tant dans la presse écrite qu’à la TV. Les faits sont déformés et même modifiés, avec des changements qui modifient la nature de l’information.
Par contre, c’est probablement une conséquence de Tchernobyl, il y a sur le site de l’IRSN une information brute et factuelle qui laisse à chacun la possibilité de batir son appréciation sans être manipulé ou instrumentalisé.
Un site dédié aux conséquences de ce séisme et aux accidents nucléaires qu’il a provoqués au Japon sera ouvert lundi 14 mars. Dès aujourd’hui, dimanche 13, on trouve un point de situation au 12 mars à 20h00 et un autre, du 13 mars à 7h00.
Je pense que seules les informations susceptibles d’être qualifiées par recoupements peuvent être prises en compte. C’est le cas ici, il est impensable que le gouvernement japonais, la tutelle de l’équivalent japonais de l’IRSN, baratine le monde entier.
Au titre de la façon de percevoir l’état de la situation, le point du 12 mars est particulièrement utile, puisqu’il permet de comprendre comment cette centrale est construite et la nature de l’accident.
Ainsi, au moment où j’écris cet article, je lis dans Le Monde que « les experts américains redoutent un nouveau Tchernobyl » alors que L’IRSN, qui disposent des informations de son équivalent Japonais, affiche que:
- l’enceinte du réacteur n°1 de Fukushima n’est pas endommagée
- que l’injection d’eau de mer et de Bore est en cours
- que la perte de toute ressource électrique pour refroidir un réacteur à l’arrêt est prévue dans la conception du réacteur.
En lisant Le Monde, je n’arrive pas comprendre:
- qui sont les « experts américains » cités en référence
- quel est ce « liquide de refroidissement envoyé par les américains »
- que ce sont les « blowout panels » qui ont été soufflés par une explosion extérieure à l’enceinte de confinement
On peut aussi espérer que la presse sache faire appréhender l’échelle des choses qu’elle évoque. Ainsi, « 1 millisievert, soit la dose maximal pour une année » devrait devenir: « 1 millisievert par heure, soit le plafond réglementaire pour le cumul d’une année d’exposition de la population ordinaire ».
Ou encore « le plafond réglementaire de la dose annuelle d’un riverain est atteint en une heure s’il est présent dans l’enceinte du réacteur » et expliquer qu’elle est l’origine de l’hypothèse qui amène à supposer qu’un « Monsieur Tout Le Monde » se trouverait dans cette enceinte.
Enfin, il serait bon de rappeler qu’en habitant sur un sol granitique, on atteint cette dose de 1 millisievert en 1000 heures, soit 42 jours. Ou encore qu’un scanner du crane, à l’hopital, expose le patient à une dose de 25 millisievert. Pour un scanner du corps entier, la dose absobée par un patient s’élève à 150 millisievert.
Alors on peut comprendre que la radioactivité autour de la centrale Fukushima est trop élevée, mais que la situation, certes grave, peut être maîtrisée et qu’elle n’est pas du tout identique à Tchernobyl, dès lors que la comparaison est rationnelle.
Et, pour finir, directement puisé chez l’équivalent américain de l’IRSN, l’explication sur la conception de ce réacteur. Avec en particulier l’écorché du système. L’explosion du réacteur n°1 de Fukushima s’est produite au sommet de l’installation, dans la partie en tôle.
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