L’eau publique et l’eau privée

A côté du débat sur les mérites de l’eau gazeuse, de l’eau minérale ou de l’eau ferugineuse, des spécialistes mondiaux et locaux, tous mélangés dilués dans une grande assemblée, sont en train de ferrailler à propos de la gestion del’eau.

Le 6ème forum mondial de l’eau vient de commencer à Marseille. C’est l’opportunité de mettre sur le tapis le débat sur la gestion de l’eau, gestion publique ou gestion privée.

Sans vouloir ici trancher, puisque la différence tient essentiellement à l’organisation de la gouvernance de ce service et à la disponibilité de la ressource, il m’apparaît nécessaire de redresser quelques idées jetées dans le public.

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En France, des élus et des usagers récusent la vocation d’un modèle économique à tirer profit d’une ressource portée comme bien commun de l’humanité.

En France, l’eau est un service public, et un service public est toujours produit dans l’intérêt général. C’est la définition. Par contre, cette définition n’impose pas qu’un service public soit produit exclusivement par une organisation publique. Prétendre que personne ne peut tirer profit de la production d’un service public, ce serait déjà faire croire que tous les travailleurs qui y contribuent soient bénévoles, que tous les fournisseurs de produits et de services engagés par l’organisation du service cèdent leur production gratuitement!

L’eau est l’égal du soleil et de l’air, c’est à dire un bien commun et pas une marchandise

Voire… La terre est ronde, son axe penche, et tous les humains n’ont pas la même part de soleil. La terre n’est pas plate, et quand vous êtes loin du niveau de la mer, vous avez moins d’air.

Pour l’eau, c’est pareil. L’eau est une matière captée localement et consommée localement. Il n’y a pas d’échanges d’eau comme pour le pétrole, le gaz ou même l’electricité. En ce sens, l’eau n’est pas une marchandise, c’est le service pour disposer d’eau potable et la restituer proprement dans le milieu naturel qui est facturé, autant en gestion publique qu’en gestion privée.

Prétendre que l’eau n’est pas une marchandise pour justifier une diminution du cout de l’eau, c’est vouloir renoncer à livrer de l’eau propre et à ne pas polluer les milieux dans lesquels on rend cette eau.

Le service public exclut toute possibilité de redistribution de bénéfices

Ah! Il faudrait donc investir dans des organisations avec de l’argent qui ne coûte rien. En effet, que l’on soit en régie publique ou en gestion privée, il faut toujours investir dans de la production d’eau potable, dans un réseau de distribution, dans une organisation qui compte et facture, puis dans la collecte, le transport et le traitement des eaux usées. Tout cela ne démarre pas sans une mise initiale, puis des investissements récurrents dans de l’extension, du renforcement et de la rénovation. On a encore jamais vu un réseau qui ne s’use pas. Il suffit d’observer la couche de tartre sur le Pont du Gard pour être convaincu.

En régie publique, disposer d’un capital pour investir oblige à emprunter. Il faudrait donc emprunter à un taux nul. Et si, par pure dérogation, la régie publique emprunterait à un taux pas nul, il faudrait que le préteur ne gagne pas d’argent! Enfin, si la régie publique a une défaillance, par exemple en faisant face à une catastrophe naturelle, elle devrait continuer à rembourser son emprunt.

En gestion privée, l’investisseur apporte son capital. Il sait qu’il ne sera jamais remboursé. Il achète, en apportant ce capital, un revenu futur formé par une rémunération récurrente et/ou la vente de sa part dans l’investissement. C’est son problème de savoir si son revenu futur sera supérieur ou inférieur à sa mise initiale et surtout pas celui de l’usager.

Par contre, c’est à l’usager, ou ses représentants, de savoir évaluer quelle est la juste rémunération du service, quel est le juste compromis entre la hauteur de l’investissement (en performances comme en perennisation) et la rémunération de l’investisseur.

Que l’on soit un village, une ville moyenne ou une grande ville, on est toujours gagnant à passer en régie publique. Les installations de distribution de l’eau ont une durée de vie de cent ans. Or en France, la comptabilité publique autorise à amortir les investissements sur toute la durée de vie des installations. En renouvelant 1% du patrimoine chaque année, la répercussion sur les factures est très légère. À l’inverse, les entreprises privées exigent un amortissement, donc se remboursent sur le temps que durent leurs contrats, c’est-à-dire entre douze et vingt ans.

100 ans! Pas 101 ou 99, 100 tou juste! Mon oeil! Il n’y a pas un seul chateau d’eau, pas un seul tuyau, pas une seule pompe, pas une seule usine d’eau qui a fonctionné pendant 100 ans sans investissement, juste sur l’impulsion initiale.

Si les sociétés privées amortissent sur la durée du contrat, c’est aussi avec une valeur initiale du patrimoine qui leur est confié, et un engagement de sortir du contrat avec soit un patrimoine dans le même état, soit un patrimoine en moins bon état mais avec des provisions financières à transférer pour payer les rénovations au delà de la sortie du contrat.

Encore une fois, c’est aux représentants des usagers de savoir bien évaluer les valeurs des patrimoines, les montants des amortissements et des provisions et, cela, autant en mode public qu’en mode privé.

Ce système s’est maintenu par le fait d’élus plus intéressés par le cumul des mandats et le paraître que par la vie municipale

Voilà, l’essentiel est dit: tous pourris! Mais les élus qui dirigent des régies ne sont pas pourris. Suivez mon regard…

Trève de plaisanteries. Il n’y a pas d’élus qui dirigent une société privée engagée dans le service public de l’eau de la collectivité de l’élu. Ce serait un conflit d’intérêt et c’est interdit.

Par contre, un élu qui dirige le service public sans laisser de place à des agents fonctionnaires, tenus par l’obligation de continuité du service public, de l’égalité d’accès au service public et de la sauvegarde de l’intérêt général, alors là, c’est pas impossible bien que  tout à fait illégal.

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Enquête de l’Assemblée Nationale sur le RER

L’association des usagers du RER vient de publier un communiqué de presse à propos de l’enquête menée par une commission de l’Assemblée Nationale sur le fonctionnement et l’avenir des RER.

Le président de cette association avait participé à une table ronde avec d’autres associations d’usagers.

Le rapport a été publié le 7 mars par l’Assemblée Nationale.

644 pages, produites en quelques semaines par une commission équilibrée, il n’y a pas eu d’enjeux politiciens pour pervertir le travail des parlementaires.

Et l’essentiel est trouvé dès les premières pages:

– page 4 – En second lieu, la commission a acquis la conviction que la gouvernance du RER nécessite une réforme allant dans le sens d’une clarification des responsabilités opérationnelles et une meilleure coordination des différents intervenants. L’effort concerne évidemment la RATP et la SNCF qui doivent modifier leurs méthodes d’exploitation et sans doute rectifier certaines approches par trop « techniciennes ».  Les auditions et les déplacements de la commission ont en effet mis à jour l’extrême complexité du fonctionnement du RER caractérisé par un entrecroisement de responsabilités qui aboutit à fragiliser le système. La réforme de la gouvernance concerne à l’évidence d’autres intervenants dont RFF à qui il reste à mieux encore coordonner son action et ses projets d’investissements avec les opérateurs. Cette évolution de la gouvernance doit aussi permettre au STIF d’avoir les moyens de jouer pleinement son rôle d’autorité régulatrice représentant les intérêts des usagers.

et tout simplement dans la table des matières:

TROISIÈME PARTIE : LE RER, UN SYSTÈME À REFONDRE
I.— METTRE LE RER AU SERVICE DES VOYAGEURS
A.— UNE QUALITÉ DE LA PRESTATION À RÉNOVER
1. La mesure de la qualité
2. Les conditions de transport
B.— DES SOLUTIONS À ÉTUDIER
1. L’amélioration de l’existant
2. L’analyse des arlésiennes
II.— MODERNISER UNE GESTION COMPLEXE
A.— UNE GOUVERNANCE À RÉNOVER
1. Le renforcement de l’autorité organisatrice
2. La sécurité ferroviaire
a) Le rôle de l’Établissement public de sécurité ferroviaire
b) La déclaration de saturation sur le réseau du RER : une procédure en théorie possible
B.— UNE EXPLOITATION À RATIONALISER
1. L’unification du commandement
a) L’organisation du commandement
b) La problématique des lignes partagées
c) Vers l’indépendance de la ligne A et de la ligne B
2. La gestion des crises
a) La gestion des causes internes
b) La gestion des causes externes, hors conditions météorologiques
III.— ASSURER L’AVENIR
A.— FINANCER LE RÉSEAU FRANCILIEN
1. Financer l’exploitation
a) Dégager des gains de productivité plus importants
b) Mettre en place une tarification juste
c) Réformer le Versement Transport
2. Financer les investissements
a) Un préalable : mieux estimer le coût des projets
b) Le produit des péages
c) Sanctuariser des ressources pour le RER
B.— COMBLER LES FAILLES DES POLITIQUES D’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
1. Le Grand Paris
a) Le constat d’un maillage lacunaire
b) Le Grand Paris
c) Adapter le RER aux usages des voyageurs
2. Quelle politique de développement régional ?
a) Les déséquilibres géographiques
b) Favoriser une logique polycentrique

Rapports des auditions                                             Autres annexes

Est-ce qu’un candidat saisira l’opportunité d’exploiter les conclusions d’un rapport qui est un modèle d’analyse et de clarté?

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Insolite

Cet avion est à louer. C’est la Nasa qui l’opère. Il permet d’embarquer du matériel scientifique jusqu’à 20km d’altitude.

C’ets un survivant le de la guerre froide, c’était l’alternative à l’U2. Il en vole encore 2 exemplaires.

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Circuits scolaires spéciaux: le CG91 vient de publier l’appel d’offres

C’est un peu abscon à lire pour les profanes, mais cela consiste à publier un appel d’offres avec, c’est ce je veux afficher dans cet article, la liste des lignes qui seront financées par le conseil général de l’Essonne à la rentrée de septembre 2012.
Ce contrat sera établi pour 2 années, et sera susceptible dêtre renouvelé 2 fois une années.

Il y aura 139 lignes de circuits scolaires spéciaux en Essonne à partir de la rentrée de septembre 2012. Mennecy perd sa ligne interne à la ville (Châtries – Jeannotte – Sablière).
Pour charger la liste, cliquer sur l’image ci-contre.
Le dossier publié contient un fichier Excel par ligne, soit 139 fichiers. Je ne les ai pas mis en ligne. Aller sur la plate forme du CG91 ou laisser moi un commentaire au bas de cet article avec une adresse mail.

Merci la région (car c’est une conséquence d’une décision du conseil régional, appliquée par le Syndicat des Transports d’Ile de France – STIF – et appliquée par les conseil généraux, sauf les Yvelines, et les intercommunalités).

Merci aussi le département, qui ne nous a rien expliqué, et merci pour la CCVE, qui revendique une sub-délégation auprès du conseil général mais qui, sur cette affaire n’a rien dit. Son président est conseiller général et a semble t-il, conservé un silence assourdissant.

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Taxation des super-revenus à 75%: pour quoi faire?

Cela a été une surprise pour tous et même dans son propre camp, François Hollande a déclaré vouloir instituer une tranche d’impôt sur le revenu à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros.
Le président de la commission Finances de l’assemblée nationale, le député PS Jérôme Cahusac, chargé aussi du volet « budget » dans le programme du candidat Hollande, l’a découvert comme tous les Français.

75%, bigre, c’est un gros taux. Sur la part des revenus au delà de 1 million d’euros annuel. Mais qui donc gagne plus d’un million d’euros par an? Sont-ils si nombreux que cela serait un enjeu pour le budget de l’Etat?
Non, dans les jours suivants, tout le monde a compris qu’il s’agit d’un symbole, d’une mesure « exemplaire ». Il faudrait démontrer qu’il est injuste de gagner beaucoup d’argent.

Je trouve que c’est un peu court. Car personne n’irait jusqu’à renoncer à de si gros revenus dès lors qu’on y a accès. On aurait donc une mesure du type: « puisque je ne peux pas l’avoir, je vais t’empécher de l’avoir à ma place ». Cela ne mène pas loin.

J’attendrais plutôt des candidats de savoir ce qu’ils souhaitent faire, dans l’hypothèse d’une victoire aux élections, comment faire augmenter la création de richesse en France et comment cette richesse, même si elle n’augmente pas assez, serait répartie entre les Français.

J’en avais parlé déjà le 28 mai 2010 sur ce blog. En me demandant d’où vient notre pognon, je voulais afficher que depuis le début des années 1980 (tiens, une date importante pour notre époque) la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises s’est écroulée.

En même temps, les prélèvements obligatoires ont augmenté significativement.

C’est clair, le salarié moyen, l’artisan ou le commerçant indépendant, l’immense majorité des professions libérales sont de plus en plus taxés après avoir eu à partager un gateau qui fond d’année en année!

Mais, pour revenir à nos 75% de 2012, je voudrais vous faire découvrir une analyse sur l’évolution récente des hauts revenus. C’est intéressant, car on trouve beaucoup de documents sur le partage de la pauvreté, voire de la misère. Mais l’analyse des riches, voire des super-riches, c’est moins fréquent.

Les hauts revenus en France(1998-2006) : Une explosion des inégalités?

 Cette analyse montre que les hauts revenus ont augmenté vertigineusement par rapport aux bas revenus entre 1998 et 2006.

+42% pour les 0,01% au sommet des déclarations de revenus (3500 foyers fiscaux)

+4,6% pour les 90% des déclarations de revenus. (35 millions de foyers fiscaux)

Est-ce que la situation des 90% s’amélioreraient parce que les 0,01% seraient taxés à 75% sur la part des revenus au dessus de 1 million/an?
Je ne crois pas. Est-ce que les 0,01% seraient vraiment taxés, avec tous les leviers de gestion de patrimoine dont ils disposent? Je ne crois pas.

Les 3500 contribuables les plus riches ont des revenus qui ont progessé de 42,4% entre 1998 et 2006. Les 35 millions des autres contribuables ont des revenus qui ont progressé de 4,6%.

De quoi sont fait des super-revenus? D’argent bien sûr. Mais encore?

 

 

 Les super-revenus ont peu de salaires, 30% des revenus pour les 0,01% les plus riches. Alors que pour 90% des contribuables, le salaire représente 65%, en moyenne, des revenus. Les pensions sont à 35% et le reste à 0.

Mais qu’est-ce qui a augmenté autant dans les revenus des super-riches?

Pour les 0,01% super-riches, ce sont les revenus mobiliers et les salaires qui ont façonné leurs augmentations.
Cette tendance s’affirme à partir du seuil des 1% des contribuables classés par richesse (350.000 contribuables sur les 35 millions).
Pas très loin, dans la tranche des 90 à 95% des plus riches, peu d’augmentations, voire une baisse pour les indépendants, et un peu de progression pour les retraites.

 Mais ces 1% des plus riches parmi les contribuables sont très loin des 1 million d’euros annuels. Cette promesse d’une sanction à 75% passera au dessus de leurs têtes pour la plupart. Et les quelques dizaines ou centaines de contribuables visés auront le temps d’esquiver la tentative.

Alors? A côté d’une promesse purement démagogique, il faut se rappeler que nous (les 35 millions de contribuables et, d’ailleurs, électeurs aussi) avons besoin de:

  • une économie qui crée de la richesse. Quelles sont les projets pour faire repartir la croissance?
  • une meilleure répartition de la richesse créée, d’abord en diminuant les prélevements du public sur les richesses créées par les entreprises et le travail en général et ensuite en stimulant, avec des leviers fiscaux, cette redistribution.

La richesse créée en France n’a pas diminué, elle a augmenté. Cette progression a été cependant très mal répartie, depuis une trentaine d’année. Aucun des deux camps n’a su être efficace. C’est l’impôt qui orientera l’économie vers plus de richesses à mieux partager.

En voyant ces courbes, il y a pourtant une idée qui s’impose: ajouter aux salaires une part de revenus mobiliers pour tous les salariés au moins. Je l’écrivais déjà en 2010: tous actionnaires, tous électeurs à l’AG de la société pour approuver ou refuser le rapport annuel présenté par le président et, éventuellement, le congéfier ou le récompenser.

Cela revient à permettre, voire encourager les super-revenus, mais à les controler par une nouvelle gouvernance des entreprises. Cela revient aussi à redistribuer la charge fiscale, puisque les revenus mobiliers sont, dans une certaine mesure, abrités de la double imposition (impôt sur les bénéfices puis impôts sur les revenus).

C’est cela que les électeurs attendent, des idées, des projets. Car la solution n’est pas unique et elle ne réside surtout pas dans le paradigme du « tous pourris chez les riches » et du grand soir où le peuple cherchera des têtes à couper.

Une autre idée: taxer le patrimoine, c’est taxer l’investissement dans un outil de production où dans un bien qui produira des richesses. C’est donc taxer des revenus futurs avant même que ces revenus, cette richesse, existent. Par contre, rendre l’investissement, donc les revenus futurs, attractifs parce que, d’une façon ou d’une autre, taxés plus eficacement, c’est s’engager dans une économie qui produira plus de richesses.

Encourager la distribution d’une part du capital de l’entreprise à ses salariés, par exemple en diminuant l’impôt de cette entreprise puisqu’elle va elle-même contribuer à la redistribution voulue par l’Etat, c’est s’engager dans une économie qui redistrbuera plus.

Encourager la valorisation des revenus futurs de l’entreprise, donc le prix des actions quand on les vend, c’est créer du revenu pour les salariés actionnaires, et pas seulement pour les super-riches. Il faudrait seulement éviter qu’en taxant les revenus mobiliers à outrance, on interdise de fait aux petits actionnaires de devenir acteurs dans l’économie.

Mais là, malheureusement, je me trompe d’élections. Nous sommes en 2012 en train de parler des 75% et pas dans le futur et dans une société où l’économie est au service de l’homme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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