Les abribus en Essonne

Le Parisien a fait un titre il y a 2 jours à propos d’une « guerre des abribus ».

L’article a été illustré par une photo d’un abribus qui serait à Evry, selon la légende de cette photo, alors qu’il s’agissait d’un emplacement de Mennecy, devant la poste, dont l’abribus venait précisement d’être démonté.

Alors voyons, à titre d’exemple, à quoi ressemblent les abribus de Evry.

C’est du JC Decaux, un peu ancien, en brun ou en vert. Avec de la publicité sur les 2 faces, de la vraie publicité bien commerciale qui permet de financer l’entretien des abribus.

Sur le réseau en site propre, les abribus sont anciens, et sans publicité.

Devant le siège du conseil général, il y a 2 abribus particuliers: ils sont neufs et ils sont « conseil général ». Cela se voit à la publicité, qui est celle du conseil général et pas celle de JC Decaux.

Là, c’est le contribuable qui paye l’entretien, car la publicité du conseil général n’apporte aucune recette.

Dans Evry, le mobilier urbain comprend aussi des « sucettes », un panneau avec une face d’affichage d’intérêt général (un plan dela ville souvent) et une face de publicité. C’est du JC Decaux. De nombreuses poubelles publiques sont récentes, à l’image de celles posées à côté des deux abribus JC Decaux. C’est probablement un volet du contrat entre Evry et JC Decaux.

A Mennecy, nous aurons des abribus pratiquement identiques à ceux posés devant le siège du conseil général, mais avec de la publicité et pas de dépenses d’entretien assumées par le contribuable.

Les abribus remplacés à Mennecy sont ceux qu’on voit ailleurs dans le département. Je ne peux plus faire de photos à Mennecy, mais, à titre d’exemple, voici celui de Vayres sur Essonne

Pas jojo n’est-ce pas! Et pouvez vous imaginer cet abribus à l’arrêt Saint Exupéry ou à l’arrêt Bras de Fer à Evry? Non bien sûr et c’est pour cela que la ville d’Evry, pourtant dirigée par un maire qui n’est pas en guerre avec le département, n’a pas choisi le mobilier départemental.

Constatez aussi que le conseil général n’ose pas installer son propre mobilier devant son siège et préfère adopter un matériel plus actuel. Et soyez conscients aussi que cet abribus à Vayres sur Essonne, adossé à un IMPRO, représente tout ce qu’il ne faut pas faire en termes d’accessibilité des PMR aujourd’hui.

Mennecy combine donc le meilleur des deux choix d’Evry et du conseil général: le matériel le plus récent et le financement assuré par la publicité. Nous n’inventons rien, et, surtout, nous n’avons aucune guerre à mener. Il s’agit juste de s’inspirer des bonnes pratiques glanées ici ou là.

Pour les esprits chagrins, il reste un élément de mobilier urbain départemental à Mennecy. Il s’agit d’un panneau d’affichage en style « néo-alpin », posé par les espaces naturels sensibles du département sur la gare routière devant la gare ferroviaire. ce panneau, posé en 2009, n’a pas encore reçu le plan des sentiers de randonnées. Il est couvert d’affichage sauvage et, c’est succulent, à la gloire du candidat Sarkozy! Nous n’avons jamais perçu la moindre intention d’entretenir cet objet de la part du conseil général depuis son installation.

Ajoutons encore que ce panneau est posé exactement où il ne faut pas, puisqu’un véhicule arrêté au dépose minute de la gare ne peut plus débarquer son passager. Le déplacement, organisé en concertation avec la CCVE, SNCF et RFF en 2010 (excusez du peu) n’a pas encore été réalisé par manque de budget au conseil général.

Enfin, pour finir, si une commune ou une interco souhaite faire installer un abribus par le conseil général, c’est payant et le tarif est affiché sur le site du conseil général:

 L’offre du conseil général est donc réservée aux communes de moins de 10.000 habitants. On se demande ce que font les deux abribus devant le siège du conseil général à Evry. La démarche de Mennecy est légitime, en faisant retirer les 17 abribus mis à disposition depuis une vingtaine d’années.

Je suis convaincu que le conseil général saisira l’opportunité pour installer deux de ces abribus libérés par Mennecy devant son siège, pour faire connaître à une vaste échelle son offre généreuse en mobilier urbain et en communication. Certes, il faut faire une entorse à l’exclusivité que JC Decaux a dû obtenir sur le mobilier urbain et l’affichage publicitaire à Evry, mais cela serait motivé par l’intérêt général, n’est-ce pas?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Grève STA: toujours pas de bus autour de Mennecy

Et pour en savoir plus, consulter le site Internet de la CCVE en cliquant sur l’image ci-dessous:

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Grève chez STA: pas de bus autour de Mennecy

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Grève chez STA: plus de bus autour de Mennecy

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L’Essonne vue par les agences de notation

Le conseil général de l’Essonne vient d’adopter le budget 2012 et publie sur son site Internet des documents qui permettent d’en comprendre les finesses.

Le département de l’Essonne est le premier à s’être engagé dans un programme d’émissions de titres, en 2009. C’est à dire qu’il peut se financer non seulement par de l’emprunt « classique » auprès de banques, mais aussi, et c’était alors une innovation pour un département français, en vendant des obligations sur des marchés financiers.

Le département est alors obligé de mettre à disposition des marchés une notice financière dont le formalisme est imposé par l’autorité des marchés financiers. Il doit aussi, afin de rechercher la meilleure adéquation entre sa capacité à émettre des titres et la capacité des acteurs à les acheter, faire procéder à une notation finacière de sa dette.

Les rapports des agences Fitch et Standard & Poors sont dans la page « notation financière »
Les notices financières du CG sont dans la page « Programme Euro Medium Term Notes« .

C’est interessant à lire, car ce sont les finances du département observées à travers le prisme d’un financier et non plus celui d’un politique.

Ainsi donc, après avoir innové en s’engageant dans l’emploi d’instruments financiers classiques pour les entreprises ou l’Etat mais nouveaux pour les départements, on découvre que le département de l’Essonne, avec une dette qui s’élève à 80% du budget de fonctionnement, n’est pas considéré comme excessivement endetté même si la moyenne des départements français serait entre 50 et 55%.

Le stock de dettes s’élève, au 31 décembre 2011, à 814 millions d’euros. Le budget 2012 prévoit des frais financiers s’élevant à 20,5 millions d’euros. Les analystes expriment leur satifaction à l’égard de l’extinction de cette dette, de l’ordre de 7 années. C’est à partir de 10 années qu’ils s’inquièteraient.

La performance du département pour drainer du financement sur les marchés est liée à sa note: AA, une note accordée à des emprunteurs robustes et fiables. La perspective est stable pour 2012. Mais c’est pour 2014 que les analystes sont vigilants, avec un pic de remboursements à mettre en balance avec des recettes en partie volatiles (les taxes qui remplacent l’ancienne TP, les dotations de l’Etat, …) et des dépenses dont seulement 4% du montant annuel est susceptible d’être annulé dans l’exercice en cours. Les analystes soulignent donc que même si la performance financière est avérée, elle est relativement fragile à cause de la rigidité des dépenses et de la volatilité des recettes du département. La seule variable d’ajustement dont dispose le département est l’investissement, mais seulement avec une année de différé.

Une grosse partie de la dette du département est à taux variables – 58% en mars 2011 selon le prospectus de base, et le département en tire un très gros avantage puisque les taux sont très bas en ce moment. Le prospectus de base évoque un taux moyen de 1,75%. Les risques sur les emprunts à taux variables sont couverts par des swaps contre des taux fixes. Mais l’exercice de ces swaps n’est pas gratuit, le budget 2012 a estimé 1,8 millions d’euros sans, avec les documents publiés aujourd’hui, permettre de savoir si ce montant pourrait augmenter si les taux bancaires augmentent. Dans le prospectus de base, le coûts des courvertures sur les taux sont inférieurs à 0,7 millions d’euros en 2010…

C’est du travail bien fait, vu sous l’angle financier. Sous l’angle stratégique, il reste à mettre en place une conduite des dépenses, en investissement et en fonctionnement, qui permet de s’ajuster aux variations des taux. C’est le prix à payer pour avoir accès aux taux bas quand ils sont bas, sous peine de voir sa note financière être dégradée pour cause de rigidité budgétaire et d’avoir accès à des taux toujours hauts, même quand les marchés sont bas!

Mais pourrait-on imaginer, par exemple, des contrats départementaux-communaux conditionnés par l’Euribor 6 mois?

Le département affiche aussi, dans le rapport du président pour le vote du budget, son adhésion aux démarches pour créer l’agence de financement des collectivités locales. C’est en effet l’avenir du financement de ces collectivités locales, car les techniques employées par le département de l’Essonne, si elles sont performantes, ne sont pas accessibles pour l’immense majorité de ces collectivités, et c’est dommage.

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